Livre [textes et extraits de chansons et photos] sur les milongas parisiennes

Livre [textes et extraits de chansons et photos] sur les milongas parisiennes

IMG_6275 LUM

Le Petit Livre Rouge du Tango

« Le Petit Livre Rouge du Tango », photos MiLou, textes Hélène de Bonis

 

#PLRT MiLou

 

Le Petit Livre Rouge du Tango est un clin d’œil apolitique… mais c’est un livre de photos glanées pendant plus de 2 ans dans les milongas parisiennes, qui mettent en valeur des petits détails qui veulent dire beaucoup.

En plus de textes génériques incontournables sur le tango en général et en particulier à Paris, Le Petit Livre Rouge articule 13 chansons de tango traduites qui parlent de la vie, de l’amour aussi, des moments les plus gais aux instants les plus tragiques. Entre chaque extrait de ces chansons de tango s’intercalent des textes sur les milongas parisiennes parmi celles que j’ai fréquentées.

Un livre intime, comme le tango. Vous aurez plaisir à le feuilleter jusqu’à vos vieux jours…

Si vous avez une folle envie de vous le procurer, vous pouvez m’écrire par mail à milou »truc »milonguettedeparis.fr, je vous réponds, on s’arrange et je vous l’envoie par courrier postal (supplément à prévoir selon où vous êtes). Son prix 20€TTC., moins cher qu’un resto mais on s’en régale !

IMG_6275 LUM IMG_6276 IMG_6279

 

 

IMG_6302 LUM

Non contente de faire une expo, j’ai aussi voulu faire un livre! Modeste participation à la bibliographie du tango, il ne prétend pas inscrire tous les savoirs puisque d’autres l’ont fait bien mieux. Il est là juste pour laisser une trace de mes images (si difficiles à prendre en milonga sans flash sans pied et sans réel apprentissage…). Présomptueux peut-être mais joyeux pour sûr! Il parle aussi du Paris où je suis née et que j’aimerais toujours même s’il devient une ville musée.

Moreover, appart from the exhibition, I decided to make a book on my own – with some friend’s help – It is not a precise book about tango dancing, others have done it far better than I would have, but it is a way to let something about my vision of tango moments (a lot of close up a lot of feet!). It talks also about my Paris, the city where I was born and that I will allways like despite it became a kind of museum-city – but it deserves it, no? – I wish I could have it translated into English and also Spanish but at present, I have no budget for it! Wait and see… and meanwhile enjoy the pictures

IMG_6251 IMG_6253 IMG_6267 IMG_6247

 

 

LA LATINA MTROUGE

 

La Milonga Latina de Montrouge

25 bis avenue de la République 92120 Montrouge, métro ligne 4, Mairie de Montrouge.

La Latina, que l’on a plutôt nommée Le Latina puisqu’elle était jadis sis le cinéma éponyme, a décidé de s’installer à Montrouge ! Quelle ville prédestinée à accueillir le tango avec un tel nom. Du reste, ce fut dans son théâtre abrité par le Beffroi en brique rouge qu’avait lieu, dans les années 90, le Festival Couleurs Tango ; il a ensuite migré à la Cité U pas loin, puis s’est endormi. L’espace était magnifique, rétro puisque 1930 comme en témoigne encore l’architecture extérieure et ses hauts reliefs, avec un sublime parquet de chêne où résonneraient encore nos talons, s’il n’avait été remplacé par du confort moderne idéal pour le Salon d’Art Contemporain qui s’y tient annuellement.

Mais le maestro de la Latina, Alfredo Palacios,  a choisi le Grand Paris, laissant aux touristes heureux les bienfaits du Marais. La ligne 4 du métro parisien lui a donné raison puisqu’elle amène sur place en moins de 20 minutes les piétons du cœur de Paris. La place magistrale s’est embellie en laissant tomber les vieux immeubles qui gâchaient la vue, érigeant quelques statues célèbres, animant le tout par un café fort sympathique qui ne désemplit pas, La Quincaillerie qui accepte aussi les jeunes…

Si vous êtes en avance à la milonga, allez vous y retrouver, la terrasse est  à l’ombre mais l’ambiance y est chaude. Un Coca, une bière ou un Fanta et vous serez gratifiés d’un en-cas, une tapenade pour caler les creux de ce qui ne veulent  pas s’alourdir avant de danser…

LA QUINCAILLERIE

L’entrée de la milonga La Latina est sur l’avenue, éclairée comme au temps de Staline vous ne pourrez pas vous perdre, longez le trottoir de droite qui revient vers Paris et son Périph’. L’enseigne vintage « Danse » vous arrêtera. Et là un petit couloir repeint, dommage que la vitrine n’ait pas subit le même sort, vous mènera dans les nuages… L’antre est sombre et intime. Le parquet brille, le DJ Filimario prépare de ses mains rompues au clavier informatique nuit et jour, les enchaînements tout doux pour commencer et le barman effeuille la menthe de ses célèbres mojitos. Tout est prêt, on attend plus que vous pour rejoindre les premiers fêtards venus pour l’anniversaire d’un franco-maestro, Thierry Le Coq, suivi de tous ses amis, bouteille de Champ’ à la main… qu’ils boiront forcément avec modération puisqu’il faut enchaîner les tandas jusqu’à 2 heures du matin ou presque !

PANO3 LATINA

 

IMG_8599 RED10

 

IMG_8644 RED15

 

IMG_8674 RED10

MOULIN 01 LUM&CROP&RED20

 

Cachée derrière le Moulin, c’est vague comme adresse… mais quand on y réfléchit, le moulin à Paris, il n’y en a qu’un! Le Moulin Rouge, THE Moulin, devant lequel n’importe quel touriste se plait à se faire photographier, et en particulier les danseurs de passage.

IMG_2220-1 CROPK&RED20

C’était donc une adresse idéale pour une milonga [impasse à gauche quand on regarde le Moulin Rouge]. Celle-ci s’est nichée au creux de la non moins célèbre Cité Véron qui abrita les grands poètes Jacques Prévert et Boris Vian. Les murs de la milonga sont bardés de vieilles photos de Vian dans les années cinquante avec ses amis du Collège de Pataphysique, science des solutions imaginaires inventée par Alfred Jarry, père d’Ubu Roi. Le dessinateur argentin Ricardo Mosner en est un fidèle et brillant illustrateur (expo au mois de mars 2015 à la Halle St Pierre de Montmartre en face du Marché éponyme).

Bonne transition pour en revenir à notre milonga Derrière le Moulin. Une fois engouffrée dans cette très parisienne impasse bordée de maisonnettes aux bouts de jardins qui dépassent, un T lumineux attire l’attention et rassure quand on cherche un lieu de tango! Que nenni, il s’agit de l’enseigne du Théâtre Ouvert qui le soir semble fermé. Il faut aller tout au bout de l’impasse, pas moyen de faire demi tour, car la musique murmure déjà quelques notes enlevées, c’est bien une milonga.

IMG_2225-1-2 CROPK&RED30

Un coup d’œil par la fenêtre, personne, mais il est  tôt, hormis le DJ qui s’affaire à ses vinyls dans la mezzanine. Une trace de rouge à lèvre dans le cendrier posé à même le sol indique qu’il y a bien tango là, ce soir…

IMG_2226-1-2 CROPK&RED30

La suite au prochain numéro!

 

 

 Le studio Peter Goss s’est éteint… 

IMG_0971 LUM-1

 

Vous souvenez-vous du Studio Peter Goss ? Une croix semble signer sa façade…

Oui ? Et bien tant mieux, car il a disparu sans prévenir au soir de sa dernière milonga, La Dolce Vita…qui devint tout à coup si dure (la vie)! Un coup de temps qui passe, de page qui se tourne, de souvenirs qui s’envolent… C’était début septembre 2014 ou fin août, j’ai déjà oublié la date, hélas c’est déjà loin 3 mois !

Cet immeuble, au 7/9 rue des Petites Écuries dans le 10ème, jouxtant le célébrissime New Morning, abritait au 2ème étage le Studio Peter Goss avec ses cours de tango et milongas, entre autres hyperactivités culturelles, musicales et chorégraphiques.

IMG_0965 LUM&CROP1-1

Il avait un côté underground à étages, cité froide, abandonnée aux lumières néons, taguée, négligée, l’ascenseur souvent en panne ou toujours grinçant, à la vaste entrée, dans un permanent courant d’air, devant laquelle restaient plantés des heures des musiciens qui papotaient pour faire durer le morceau. Pourtant, les tangueros y couraient pour se réchauffer au parquet bien ciré, s’admirer craintivement dans les miroirs de ballerines car ce fut un haut lieu du classique mais du tango aussi.

IMG_0928 LUM-1

Il en a vu passer ; dans les années 90, Catherine Berbessou et Federico Moreno aux cours académiques tellement sérieux, rigoureux et enrichissants, puis l’association Tango Renaissance, née d’une scission et créée par Laure Thirion avec Mariano « Chicho » Frumboli, Sebastián Arce, Mariana Montés et Juanita Sepúlveda, chantres du tango nuevo qui fit fureur dans les années 2000… puis encore Sol Bustelo sans sa sœur, Jean-Sébastien Rampazzi et j’en passe car j’en ai loupé beaucoup !

Mais il y eut aussi les milongas, dont Sacrée Milonga menée par le fameux et mystérieux Akira Natchi qui offrait des fleurs aux filles et se fâchait parfois avec les danseurs ! Un tableau au-dessus de son poste de DJ diffusait le nom des morceaux choisis pour nous cultiver un peu musicalement. Il a laissé une sacrée empreinte dans ce lieu, aujourd’hui fantôme. Sa milonga était des plus conviviales sûrement car, comme il le dit dans l’ITW de Fabrice Hatem, c’était un peu sa famille qu’il bichonnait. Ensuite, il y eut aussi Tango Bien puis la Dolce Vita jusqu’à ce triste dimanche de septembre…

IMG_0876 LUM-1

J’y suis allée de façon impromptue pour faire connaître cet endroit un peu bizarre à une amie, Catherine B., tanguera débutante. La foule s’y pressait pour danser, même dans les couloirs un sandwich à la main, ignorante qu’elle était de cette toute dernière fois. Même les organisateurs l’ont appris le jour-même stupéfaits ! Claudio, l’un des co-org aurait souhaité y inviter tous ceux qui ont fait les beaux jours du studio mais trop tard, ça restera pourtant dans nos mémoires… ayant la mémoire qui flanche, j’ai dégainé le téléphone pour faire quelques photos désespérées et fixer ce moment, ne serait-ce qu’un instant !

IMG_0942 LUM-1

IMG_0948 LUM-1

 

IMG_0872 PETER GOSS-1

 

Si je pouvais avoir le nom de cette milonguette que j’ai paparazzitée… merci…

IMG_0923 LUM&CROP2-1

IMG_0896-1

IMG_0930 LUM-1

IMG_0967-1

IMG_0963-1

 

Hasta luego Peter?

 

 

 

 

IMG_6487-1 RED20

« Halloween » à La Tanguedia de Paris

« Halloween » à La Tanguedia de Paris

Événement de dernière minute à La Tanguedia de Paris, anciennement Esprit Tango mais toujours plein de grands esprits qui rôdent, et justement, le vendredi 31 octobre 2014, soir d’Halloween (seul le orange citrouille en témoigne…), c’était celui de Juan d’Arienzo, presque en personne, qui a posé son âme pour une folle soirée incendiaire…

Mais qui sont-ils donc ces esprits du passé?

 

IMG_6503-1-2 RED15

_²®H1¥Eæ(ď¸dÁÙ)úh®FÔ­jk¾c@-	jíôՆʀרj+òïÓ ·ÿԊŒ­ ×üþyÅ{•(ÜWÛlM.bÇì‚ÇÞ£øä�ïe}͕”ª‚Ý E^ ·Sm˜§í@;xâ'ð—q¸…Žý°E©-[k†bI÷$rÀ#‚D´öŒ©`Ƕ˜8ʋiþ  †Ûz†#§Èåž8|%±[½ ï^•$ÿ�œ¦"V›+@.æ¤cãxEkٝÁúNÿ�×ʦ &ÏcʼnNYâ1àRkF;‡5§PNHM sq?½mýòq˜b`RۋG¡B=«™›Æ«NR…äe ù0ªBJöõ§®§äÃ-�÷0$w¨Jñ %�±2ªŒ³ÁPÆRHôÉžæïS’h@ä²+Öµ9  8ÀYë[ÿ�;xwÉp•âÿՏÇjdû¨?^p2É+ä÷Â#½°‘ ¨fßÇÈô@�.TŸ‡Ä?YÈeadš•ŠM¥	éWQürCO3½“š“fÑ­]²èæ“Ž=ÈW·>P(7ËDÉcJ/ÏÒrCdnX'+ÈñUŸ¯ žµÄû°b({x a mD°åǁ{¸úI©IM¨ûW§Mÿ�RTˆ—–£¾êOêÉlÐ³H¡èI¿ƹdCP³*þÉî2Ȗ2ŠUærø–(2‚+^ǯá—s`iNRʼˆ%~uÃ'mÐþ²×©ëü:e”×Æÿ�ÿ׀Žuø˜Ÿm·ÎQëÕ9ñj—4§ûX)6á"IÈrbE6ÿ�lŒh„qZê‘ö«ìI�mŽm@YGCSú…0&ÚoµÉ¼W¯ã;•°Ù؊-»1 §ÑŠV’¯!EpÛÔ¦ßFñÙh®2GDä|h?[-—‹·v�­((XÐýôÁÁIâm£ŒÐúà{qÄÜ´;ÐòEì'-OÙڃ޻ä=ÌHê!í†åêG}ÎN‹ ¶ò$ŽÇÖVMídg°³ÑœHäB閫maoôÑWîæù§Ç2{˟3º±ˆÖ äIaøl&ÂÒò¯Qh2 T^hØñtÛÜmL˜‰èÈE*¾Ñü³vªn¬áS¡(*~ìËũϦRAÆ0úg’ü«e$ÒÚY*™‡Vö-ÏÚZ‰€%/¥ŒpƂ`xÐlzó·0)Ò`:×%³=†ô£˜Ë|b¿hP§,ðïvΪ×2ÁáV>#À-~µ,(DZxJð¢ÂÝäZqâ£càrBÀgºæ·F¥Šxxˆ[RxîiÅ[m¨Ã®H”9ԙ$11^KוFYàØ´)̖wq•½·‰=Û·”e(I*b4«ü!äú×ôdçêýö©Jægò–§ùòjü¶?æ‡ÿÒæßXF%Êç%V#þ#œÇ	ëOY~õñÝ3ý˜î…GQþ·Ô$æ¬è©o"ÿ�®Ê?‰ÈÐï¨÷4F¦XTQï!?}>„T—4¼€‘âZ÷^Mý0	G¥²0—U7IùõÀK|*)ó9 Gr8OzîVI'dzlÔP=úe„ŠØ0$îQQ„-%¹™›ýr?VCŒô—†:’ƒ–ÚÀ6ᜎÌìŽX%&³¨l‡H”ÜürRïaQf¿”VËægPRÞ"kAՍ;fÚ¤`¯çIÊҁdù=¢WdRTTçæDZo ºg†Øq…¦ò9ƒm·Ä:¨ I$ ŽE`££ìÄ †%lKn»	yÐ1e}ËeEí'2Ux뷍2bb¼ÓjW’Ç(’4.(:1ol”f¢¶ÔRÌT8áZ«{á”BT×P†cÅÑdބŽ£æHâ1å²-s_هߕh>Õ~ŠS#ãÓÿԀ¨ˆl"�þ*WîÎWw­±Ü淌š¸¢öáùðq"­°"Q™A nDã‘ä|qʹ)˪$r!H¥k×õd㤑[#§Êz,:¤DòïâpÐK½Éfä<è,:Ôk»Fì*ëÉÿ�'Ÿç6Îêd…ǘ ï-ºŒ#@Gñ4äÒDu@ø¦#ˆ!|rßÊÕ§ò@ÿ� êíؕø­ẅiâ9¶ ,•œÇÖ<š»xä²ÀRgÿ�ù_mèyR"†bÎ~“žkÛÙ8µ'ú;'øC+ª½+šuCIk)—’KE?³Jå¢b¹6	ºK ò-ðºÓ¿q(/ÌqY7ø#¦N2».%5I¢¤£DÚAña°Ms[úa¨­Í+O‰H;ä¼1t´5ÌjK<4¨£0ô¨tµ¬Š5 ò`L춅·[i®t­KFwéËfdkyÑôÌo {ˆa;Ý­7èIZq

IMG_6539-1 RED20

 

Et bien, tout bonnement l’orchestre, jeune et talentueux, La Juan d’Arienzo, qui a été accueilli in extremis à la Tanguedia de Paris. Grâce à l’énergie de Coco Dias et de sa partenaire Silvia Lezcano, relayés par la communauté tanguera avec, entre autres, Sandra Messina, Ricardo Calvo et Jean-Louis d’Etreinte Tango qui ont activé leur « résotango » pour permettre la réorganisation du concert annulé au Cabaret Sauvage… En moins de 48H, l’événement était calé et remis entre les mains de Fabienne Francioli et Luis Bruni, hôtes de ladite Tanguedia.

Ces neuf musiciens et le chanteur Miguel Filippini ont envahi l’espace cosy et chaleureux du 3 rue des Vignoles dans le 20ème et l’ont rendu torride et bouillonnant de leur musique aux rythmes arienzesques (pardon du néologisme mais je dis ce que je veux, c’est mon blog ;-)). 4 bandonéons, 3 violons, un piano, une contrebasse ça prend d’la place et ça déménage…! Mais à qui sont toutes ces chaussures rouges!!!

La Juan d'Arienzo

Facundo Lazzari, le directeur (ci-dessous) , Ricardo Badaracco, Nicolas Tognola, Adolfo Trepiana (les 4 bandoneons), Pablo Valle (le piano), Emilio Longo (la contrebasse),  Sebastian Frassón, Pablo Ginzburg, Octavio Bianchi et Emilio Pagano (les violons):

IMG_6637-1-2 RED15

 

IMG_6622-1 RED15

IMG_6613-1 RED15

Mais une milonga, ça ne se fait pas sans danseurs… C’est donc Orlando « Coco » Dias, le maestro aux petits pas bien connus et sa partenaire venue de Barcelone, Silvia Lezcano, qui ont ajouté leur tango, milonga et valse, pétillants et gracieux, pour animer de leur espièglerie et  complicité coquine cette soirée inespérée.

IMG_6766-1 RED20

 

IMG_6759-1  RED20

 

IMG_6787-1 RED20

IMG_6677-1 RED20

 

IMG_6853-1 RED20

Pour apprécier encore plus ce retour aux sources d’Arienzo, le chanteur Miguel Filippini nous a bercé de quelques tangos graves et suaves du temps où un bal sans chanteur eût été comme un bal sans danseurs…

IMG_6748-1 RED20

Entre deux démos de Silvia et Coco, le bal reprenait pour tous les danseurs mais certains furent plus remarqués que d’autres malgré leur délicatesse et discrétion légendaires… Sandra et Ricardo! Et puis des moins connus mais toujours en vue grâce à ses robes vintage toujours  élégantes…  !

IMG_6658-1 RED20

 

IMG_6467-1 RED15

Encore un merci à Luis Bruni (à droite)  et au DJ  Alfredo Salas.

IMG_6754-1 RED20

FIN, jusqu’à la prochaine Tanguedia…

 

Milonga La Florida

Milonga La Florida: 

167 Quai de Valmy (Canal St Martin) – 75010 Paris.

(pour les fréquences et horaires cf./for schedule, please check www.tango-argentin.fr)

 

A l’approche des quais du Canal Saint-Martin et de l’Ourcq, le printemps fait fleurir des petits groupes qui trinquent au bord de l’eau, parfait pour un dimanche très titi parisien qui laisse filtrer des touristes aussi : « atmosphère, atmosphère… », résonne la gouailleuse et chaleureuse Arletty, L’Hôtel du Nord n’est pas loin !

IMG_5669 CROP&LUM&RED50P-9

Mais l’atmosphère est encore plus chaleureuse dans ce lieu, dit Bizz’Art, qui jadis s’appelait l’Opus Café et était déjà l’une des premières milongas de Paris de la fin du vingtième siècle 😉 .

Avec son nom, la Milonga Florida évoque la chaleur des Keys (en Floride, USA bien sûr) et en effet, un peu de clim ne ferait pas de mal ! Mais tout est en rénovation bien qu’ouvert, donc on attend d’y retourner avec impatience dès la rentrée !

Accueillis dès l’entrée, comme à Buenos Aires, par la charmante et parfois délirante Angelica Chemla, on passe une belle porte vitrée en bois patiné, des dallages blancs aux cabochons noirs et et un lourd rideau de velours rouge, le ton est donné…

IMG_3001 LUM2&RED20P-5

Quelques marches, d’où l’on peut balayer le regard et être vu(e), à gauche un long bar aux mille bouteilles où sont déjà juchées quelques tangueras impatientes, à droite de gros fauteuils ronds typiques des clubs de jazz, certains visés par un spot rouge comme emprunté au Red Light District d’Amsterdam… met en valeur d’autres tangueras plus patientes et en observation !

IMG_2996 LUM2&CROP&RED20P-4

 

IMG_2909 CROP&LUM&RED35P-2

 

IMG_5709 CROP2&RED20P-12

 

Au centre, la piste de parquet noir ébène, ou presque, que l’on peut espionner de la coursive habituellement dédiée au restaurant, mais où l’on peut aussi enfiler discrètement ses souliers l’œil rivé sur les cavaliers ou les cavalières…

IMG_5694 LUM&CROP&RED20P-10

 

IMG_2883 CROP&RED20P-1

Le charme en plus, c’est le DJ Mathias qui n’utilise que des vinyles ! Oui, bien qu’ils reviennent, ils se font rares dans le tango ; c’est gage de jolies pochettes vintages aux portraits de maestros, cantatrices et milonguettes d’époque ! A l’observer, on retrouve les gestes délicats qui manipulent ces objets de collection avec les paumes de ses mains et pose son diamant sur des voix d’or ! Alberto Podestá, Raúl Berón, Carlos Gardel bien sûr et Jaime Plana ,peut-être, pour ses beaux yeux…

IMG_5617 CROP&LUM&RED20P-7 IMG_5698 CROP&LUM&RED-11

 

Eeeeso!

IMG_3787 CROP&RED15PC-4

En ce mois de mai, du 21 au 25, comme pour compenser les pluies automnales inattendues, ont été organisés les préliminaires officiels – quand même – au Festival de Tango de Buenos Aires (et non pas « du »).

IMG_3797 LUM&CROP&RED50PC-5

 

Claudio de dos avec sa partenaire venus en renfort se donnent du courage avant d’affronter la piste… 

Bien que l’événement n’ait pas été suivi par les foules, la faute à Roland Garros peut-être? – une douzaine de couples ont fait l’effort de représenter au mieux le tango à Paris.

IMG_4071 CROP&REDBIS50PC-12

Une grande respiration avant d’attaquer…

Toute la grâce d’une italienne craquante, Margarita Biscotti! 

Deux milongas courues, Tango Bien et le Chalet du Lac,  se sont partagées les soirées de présentation puis d’élimination pour arriver finalement à l’élection du couple récompensé (voir ci-dessous, tout en bas, pour la révélation…)  par un AR à BsAs au cœur de l’hiver austral, au mois d’août prochain. On les envie…

IMG_4022 CROP&RED50PCX2-11

Un concours est rare dans le milieu du tango argentin qui n’a pas l’habitude de mettre en concurrence des cavaliers et cavalières dont les rencontres sont d’ordre tellement intime que c’est déjà un exploit de vivre une tanda dans les bras d’un autre, parfois inconnu !

IMG_4223 CROP&LUM1&RED25PC-2

 

Rigueur et élégance jusqu’au bout des doigts! (noms à venir…)

Cependant, un peu de challenge et de divertissement apporta du piment dans la vie des tangueros parisiens. Pour trancher, l’organisateur, le fameux, l’inénarrable Orlando « Coco » Dias, épaulé par la danseuse Silvia Lezcano, fit appel à des professeurs, célèbres souvent pour leurs qualités, pour constituer le jury ; j’ai nommé : Ricardo Calvo, Oscar Velasquez, Sebastián Misse et Sol Bustelo sans sa sœur, unique femme, privilège? Ils accomplirent leur tâche difficile avec le plus grand sérieux et une profonde concentration mais toujours le sourire.

IMG_3974 CROP&RED20PC-9

 

Le jury au Chalet du Lac et la représentante de l’Argentine, Silvia Tissenbaum, tout comme sortis d’un tableau de Rembrandt !

Bien que n’ayant pas assisté à toutes les représentations, j’ai eu plaisir à voir que le tango prenait racine à Paris aussi et en Europe puisque des participants venaient de tous pays voisins.

Certains ont attiré mon œil qui avait du mal à choisir !

IMG_4379 CROP&RED25PC-4

 

Ci-dessus, Ramon Moreira et Margarita Biscotti

 

IMG_4375 CROP&LUM&RED25PC-3

 

IMG_4219 CROP&LUM&RED25PC-1

 

IMG_4107 CROP&LUM2&RED50PC-14

And the winner is… ci-dessous, la vibrante Cécile Rouanne et Rémi Esterlé:

IMG_4373 CROP&LUM&RED-1

 

 

Milonga Paradis au Trocadéro

La milonga Paradis

Cette milonga, jadis nommée « Urban », fait partie des impromptues qui surgissent au gré du temps.

(pour les fréquences et horaires cf./for schedule, please check www.tango-argentin.fr)

IMG_3409 RED15%-1La vue emblématique sur la Tour Eiffel transcende les danseurs. On y accède soit en remontant le bassin le long des jets d’eau, soit par la terrasse majestueuse du Palais du Trocadéro, entre le Musée de la Marine et le Musée de l’Homme.

IMG_3409 RED 40PC

 

 

Les milongueros partagent les marches du Palais avec les voltigeurs du roller et du skate. Pour attirer l’œil et l’ouïe, ces derniers pétaradent sur les escaliers rythmant leur descente d’une salve de mitraillette qui laisse impassibles les tangueros; eux glissent sur la piste de marbre, tournent dans le vent faisant voler les jupes des filles  au milieu des touristes qui les applaudissent à chaque fin de tanda et les mitraillent armés de leurs appareils photo et caméras.

IMG_3426 CROP3&LUM-2

Aucun espace de Paris n’a son égal de fraîcheur et de liberté, même les autres « millégales », entendez par là les milongas dites illégales, qu’elles soient au Palais Garnier, au Palais Royal, au Marché Saint-Honoré ou sur les places légendaires du vieux Paris. Ces milongas illégales, que je préfère appeler impromptues, car sans autorisation de la préfecture de Paris, ne sont acceptées que tant qu’il n’y a pas de grabuge ni de décibels outranciers ;mais on est toujours surveillé par des « hirondelles » juchées en haut des escaliers…  Les touristes aussi sont partout, appareil au point pour guetter les mille étoiles de la Tour Eiffel à chaque heure fixe. On en a plein les yeux…

En bas, les milonguettes peuvent chausser avant d’entrer en piste. Parfois un passant nostalgique se font aux cercle de danseurs, un jour, il y eu même un couple de jeunes mariés, échappé d’un gâteau à la crème, esquissant quelques pas d’un tango approximatif; mais ici, on est tolérant. L’instant magique est pour tous.

C’est un spectacle de tous les côtés; on en a pour son argent et d’ailleurs, c’est gratuit!

 

IMG_3453 CROP&RED15

« Esta Noche de Luna » d’Osvaldo Pugliese, 

avec Grégoire et Virginie. 

 La milonga Tango Barge:

5 Port de la Râpée, 75012 PARIS – Métro Gare de Lyon

(pour les fréquences et horaires cf./for schedule, please check www.tango-argentin.fr)

Déjà, on aime le titre ! Un peu « barge » tous les « tango addict » le sont… De plus, tanguer sur un bateau, quoi de plus amusant ! La légère déclivité, moindre que sur la péniche de la Milonga Nix Nox, peut effrayer les équilibres fragiles mais on la sent à peine et de plus la barge ne vogue pas. Pourtant, depuis les hublots et les baies vitrées de la grande salle, on aperçoit le fort courant de la Seine qui fait défiler les bateaux-mouches, les péniches et les navettes de la police fluviale : Se fluctuat nec mergitur* n’est-elle la devise de Paris !? (* vogue mais ne sombre jamais).

Mais pour y accoster, il faut la mériter. Accrochée en contre-bas du Quai de la Râpée, rive droite, la barge est juste au pied du tout moderne Pont Charles de Gaulle, à quelques mètres sur la droite ; on ne peut y accéder que par une voie barrée que l’on pense interdite. Si la barrière est baissée il suffit d’appuyer et comme un sésame, on vous laisse passer, et là, récompense suprême à Paris, un parking, jusqu’ici gratuit !  Pour mieux se repérer de loin, c’est sur le quai opposé au « géant crocodile vert » qui abrite la Cité de la Mode et du Design dit « Les Docks ».

IMG_3327 CROP&RED-1

Dès que vous avez retiré le pied de la terre ferme, un grand espace baigné de rose vif et d’argent vous accueille dans son décor glitter, baroque et scintillant. A droite la piste et les tables réservées aux tangueros avec dîner spécial si on le souhaite et à gauche diner des groupes ou des habitués. Au milieu le bar et ses serveurs et serveuses, gracieux et affairés.

Aux premières heures, Carmen l’inénarrable tanguera au nom et au regard d’andalouse, qui a connu les premières heures du tango à Paris, jadis avec Victor, aujourd’hui disparu, donne des cours aux débutants ; puis vers 21H30 les connaisseurs arrivent… La piste est d’un beau bois sombre bien ciré mais pas glissant, la DJette ,Odile Fillon, met des tangos à l’ancienne et des cortinas parfois dansantes (oups!). On se croirait dans une croisière tango sans le mal de mer mais avec tout le charme de l’ambiance, un poil surannée et branchée à la fois, les tables sont conviviales et l’esprit aussi.

Une traversée recommandable !

IMG_3375 CROP2&RED-2

 

Milonga Le Théâtre de Verre

 La milonga du Théâtre de Verre:

17, rue de la Chapelle (code d’entrée: cf. réseaux tango ou FB), 75018 Paris – métro  Marx Dormoy

(pour les fréquences et horaires cf./for schedule, please check www.tango-argentin.fr)

En arrivant rue de la Chapelle, on pourrait penser que le bal tango est dans la monumentale basilique Sainte-Jeanne; après tout , on va à la milonga comme à la messe à la recherche de la communion, de la chaleur des Hommes, de l’absolution, de la vérité. Mais c’est en face, au creux d’un porche, au fond d’une cour.

054Un vieil alcoolique noir, très noir, guide mes pas malgré lui en tirant des bords mais il me mène à bon port. Nos chemins divergent à la dernière minute.

011

Je passe le bar enfumé par l’asado et pénètre dans la nef à la charpente de bois et de tôle ondulée tout juste éclairée en son centre de trois spot dont un rouge. Tout est dit : c’est bien là, sur une piste blanche qui dessine les ombres des premiers tangueros.

018

Affairé à découper des petits papiers qui annoncent la prochaine milonga festive du vendredi, l’hôte me fait grâce de l’inscription puisqu’il n’a plus de papier ! Mais je m’acquitte de l’entrée. De grandes tables rectangulaires ornées de chaises de récupération multiple décorent dans la pénombre tout le tour de la salle. Elle est grande et, pour le moment, clairsemée. La musique est classique, drôle pour ce lieu atypique et peu conventionnel. Je m’assois à côté d’un inconnu qui ne le sera bientôt plus. J’enfile mes lunettes et mes chaussures. « On dirait qu’elles sont en galuchat » me dit l’homme. Très bonne entrée en matière car, en tango, l’accessoire est aussi précieux que le reste.

Nous méritons d’aller plus loin.

026-cropcropredtour.jpg

 

Le soulier de Cendrillon

Le soulier de tango est un objet de valeur.

Rêvé, désiré, convoité, il n’est pas n’importe quoi. Aussi précieux que la pantoufle de vair, il peut mener au prince…

Mais d’abord, il y a LE sac. Sous le bras ou sur l’épaule, enfoui dans un autre sac, parfois chiffonné et pourtant si précieux: le sac à souliers de tango. Il est souvent en tissu, un lien le serre et le desserre au gré des milongas. Parfois, il est en satin ou en toile rugueuse portant l’effigie d’une maison de chausseurs argentins, Tango Leike, Madreselva, Flabella, Greta Flora, Comme Il Faut (à Buenos Aires mais en français, tiens?!), NeoTango ou Sam, que l’on arbore avec fierté et nostalgie quand on les a achetées tout là-bas… Les plus élaborés ont une séparation pour ne pas abîmer le cuir.

Car les chaussures de tango sont fragiles. On ne les met pas dehors, quel sacrilège! Pour le bitume ou le marbre, on a toujours une vieille paire qui ne s’offusque de rien et que l’on peut racler sur les pavés sans vergogne. Mais pour le parquet ou les salons de tango, la plupart des chaussures ont une semelle spéciale qui glisse vers l’avant et parfois résiste vers l’arrière. Elles ont toutes des brides car il faut bien maintenir le pied pour qu’il se lâche! Elles sont parfois croisées, en Salomé barrant  le cou-de-pied ou passent sur la cheville comme un ruban de chaussons, fermées par une boucle ,simple ou décorée d’un brillant ou d’une fleur que l’on attache avec délectation comme un préliminaire au plaisir…

Soulier Miltango.com

Soulier disponible auprès de Martine  www.miltango.com

Même à l’abri des bals, les chaussures de tango sont soumises aux aléas des frottements à l’intérieur du pied. C’est avec tristesse que l’on en voit les effets sur les beaux cuirs lisses, des rayures blanches sur les souliers noirs, des rayures noires sur les souliers colorés. Pourtant, les peausseries sont si belles: du rouge, bien sûr, du doré, de l’argenté mat, brillant, pailleté ou irisé, du violet scintillant, du vert croco, du bleu de la nuit profonde et toutes sortes d’impressions qui mélange les formes et les motifs, souvent le noir et blanc de l’équilibre. Ceux, ou plutôt celles qui sont allées à Buenos Aires sont intarissables sur les heures passées au magasin, à y retourner, tout essayer, bien que souvent la taille manque à celle-là, juste celles qu’il me faut, les boîtes empilées, les pesos envolés, les cartes bleues épuisées… Mais en fait, les cavaliers ne sont pas en reste car entre cuir lustré, peau velours, et les deux entremêlés, sans compter les bicolores à la Prosper youplaboum, on est le roi de la piste et des dames!

Si je peux me permettre, mes préférées vont à NeoTango car elles sont modernes, vu le nom, et surtout que le talon est implanté un peu plus en avant pour améliorer l’équilibre des frêles silhouettes et calmer la cambrure. Et puis on y trouve toutes les couleurs de l’arc-en-ciel et plein de matières aux vibrations étranges et, avec un peu de chance, on peut même danser avec le patron plein de charme… Quelqu’un lui en a acheté sept paires d’un coup! un chiffre sacré…

 

 

Au loin, les cavaliers…

Pire qu’une Arlésienne, on les attend parfois longtemps… non pas qu’ils soient en retard seulement ils ont le choix , mais sont malgré tout frileux – pour une fois ! –Ils ne se frottent qu’à celles qui pourront les montrer sous leur meilleur jour. Et puis finalement, ils sont timides aussi.

Ce qui frappe dans les premières heures d’une milonga, c’est l’enfilade de sièges habités d’âmes en quête, le chapelet de tables où trône un seul verre, des corps adossés, le regard fixe. Les bras se tiennent compagnie, ils changent parfois d’attitude mais semblent être seuls à se mouvoir. Pourtant les pensées fusent, les yeux observent, les oreilles sont dressées à l’affût du « tan, tan ! » qui signe la pause, la cortina puis  la relève. Si l’invitation tarde à venir, on se contorsionne, tourne la tête dans un sens puis l’autre pour avoir l’air affairé, les yeux bougent sans sourciller, on est prêt à bondir immobile comme un hibou dans la nuit.

Le carnet de bal n’existe plus, et s’il devait renaître, on l’attribuerait plutôt aux hommes!

 

Milonga La Victoria au Chalet du Lac

Un cavalier dans l’attente. Milonga La Victoria, Chalet du Lac. copyright MiLou

Pour les attirer, il faut laisser traîner son regard, le faire parfois insistant, étonné, coquin mais timide, furtif mais qui revient, ou sans équivoque, amplifié d’un haussement de sourcil qui impose une réponse franche et immédiate. Les plus hardies vont d’attaque inviter, connaissance ou pas, chose strictement interdite à Buenos Aires, mais ici ce sont les droits de l’homme et de la femme… C’est pire que le duel car on y perd parfois son honneur en invitant un débutant, qui, bien que ravi, perdra d’autant plus son assurance car il sera sur la sellette ! -« Non, je ne suis pas bêcheuse ! Et puis c’est très bien d’avoir de nouveaux cavaliers, on est en manque de jeunes recrues ». Dommage qu’il n’y ait pas d’immigration positive en faveur des bons danseurs ; les hommes de l’Est ou du Maghreb auraient leurs chances car ils ont plutôt le pied allègre !

 

Parfois par miracle, un inconnu vous saute dessus, vous invite à la hussarde et hop ! Et une milonga en plus ! Là, il faut s’accrocher au rythme effréné, remercier le ciel et compter les pas, pas question de s’emmêler, la chance est là, ne la loupons pas…  Mais parfois, il y a celui qui a enfin osé, petit sourire ravi du « oui » presque par étonnement mais dès le frôlement des mains, sa moiteur, la mollesse de sa peau et de son geste qui rivalisent avec la chemise pas très fraîche, comme ils vont bien ensemble. On aurait pu s’en douter mais c’est trop tard et puis difficile de faire l’affront d’un refus. Il faudra être courageuse, attendre patiemment les quatre danses de la tanda, en profiter pour scruter l’horizon des autres danseurs ou pour croiser le regard d’un ami aux aguets ou d’une amie compatissante, au moins écouter la musique puisqu’elle est là et à priori bonne. Ce sera toujours moins pire que l’homme aux parfums musqués qui rappellent qu’il fut en des temps ancestraux  tapi dans une grotte sans lavabo , ou bien celui qui n’a pas encore découvert les vertus du déo, pourtant vantées à gros budgets par les publicitaires.

Puis vient enfin celui que l’on attendait depuis toujours, depuis l’enfance parfois. Une prestance à la Burt Lancaster ou Clark Gable. Le rêve peut commencer…

Milonga La Victoria

La milonga La Victoria (mercredi) et

milonga La Popular (dimanche):

Chalet de Saint-Mandé à l’orée du bois de Vincennes -75012 Paris

(pour les fréquences et horaires cf./for schedule, please check www.tango-argentin.fr)

 

A l’orée du bois, caché dans un dédale de chemins sombres et sinueux, se cache cet ancien relais de chasse de Napoléon III. Aujourd’hui, on n’y chasse plus que le cavalier sans monture.

 

L’abord est un peu inquiétant à la tombée de la nuit et fait penser à un lieu de perdition, un écrin lumineux au milieu de nulle part. Un chien de garde aboie si l’on s’égare alentour, il faut vite entrer et soudain la chaleur du bois lustré et des lampes tamisées nous rassure.

Tel un maître d’hôtel, presque en livrée, toujours élégant, droit sur son siège haut, encadré d’un comptoir surplombant le quidam d’un bon mètre,  comme le caissier d’une banque ancestrale, Vega, l’hôte qui nous accueille est indien de la caste de ceux qui connaissent les bonnes manières et la discrétion. Il est là depuis toujours ou presque. On s’acquitte du droit d’entrée, moins cher pour les dames qui viennent tôt, autre preuve du temps qui résiste. Avant de faire son entrée, on peut guetter l’ambiance au travers de lucarnes qui percent les portes battantes. Puis, on entre, et là l’ambiance est plantée comme un décor: l’immense boule à facette, clin d’œil aux soirées disco, véritable centre de la terre enveloppé d’un large drapé nous subjugue, auréolé ce jour d’une lumière rouge, très rouge. Autour du parquet luisant, un chapelet de tables nappées encercle la piste de part et d’autre de la scène. Pour les plus timides, des tables éloignées et des petits salons abritent l’intimité des couples ou des femmes seules, toujours si nombreuses à attendre l’heureux événement: l’invitation.

Un fois happé par la chaleur intérieure, on s’engouffre lentement vers le corridor qui mène au vestiaire. Cachée derrière son rideau multicolore Marella guette les arrivants par un jeu de miroirs. Il ne vous en coûtera que ce que vous souhaitez laisser et vos précieux objets seront bien gardés. Un petit passage aux toilettes du sous-sol vaut le détour pour sa déco hétéroclite et ses lumières tamisées comme dans un boudoir.

Depuis ce joli mois de mai (enfin humide en cette année 2014!), le Chalet s’est embellit pour accueillir sa Victoria. L’écrin blanc se pare de lumière dès l’extérieur et affiche en grosses lettres la milonga du jour: mercredi La Victoria et dimanche La Popular.

Au moins, on sait où l’on entre.

CCright--2

 

Un fois, entré(e), une fois assis(e), une fois l’assemblée repérée, il faut faire un tour au bar. Digne des grandes brasseries parisiennes, la caisse est tenue par une femme aux aguets et les serveurs arborent le nœud papillon et virevoltent entre la salle et les cuisines proposant sangria, au Malbec? , et empanadas à 1€, de quoi nourrir légèrement les danseurs affamés.

IMG_3968 RED20PC&LUM&CROP-8

CCright--4

Un tanguero, une milonguette? Champagne! Whatelse…